Master Class Abbey Road

April 18, 2020



Le 8 décembre 2019, avec Guillaume Huret de Rejoice nous avons présenté notre Master consacrée à Abbey Road. Le calendrier a voulu que ce soit le 39e anniversaire de l’assassinat de John Lennon, j’ai tenu à lui rendre hommage. Les durs grèves des transports nous laissait craindre une salle vide. Mais la salle était pleine à craquer, les Beatles font toujours des miracles.
Nous avons rappelé le contexte de l’album, son enregistrement, morceau par morceau, l’histoire de la pochette. Les réactions des critiques à la sortie du disque.

 

 

 

 Le prétexte pour cette master-class était lié à la réédition de l’album pour le 50e anniversaire de sa sortie. L'idée de cette conférence est de SAISIR une œuvre et essayer d'en comprendre l'inspiration, puis la création, la réalisation, de connaitre les faits et les histoires pas uniquement artistiques mais humaines aussi. Si la musique, c’est de l’émotion, c’est aussi tout une histoire de rencontres, de collaboration et de vision.

Une question : comment une œuvre sortie il y a 50 ans s’est hissée dans les meilleures ventes, au point de redevenir N°1 des hit-parades ? Seuls, deux albums avaient déjà accompli un tel exploit et ils proviennent du même groupe, les Beatles. Plus précisément :
- Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band en 2017 et
- The Beatles, le White Album (double blanc) en 2018.
Ce n’est plus une affaire de gouts et de couleurs, nous sommes devant une œuvre d'art, qui est intemporelle et a marqué le siècle dans lequel nous vivons.
L’aventure Apple qui, en plus des activités communes du groupe, procure à John, Paul, George et Ringo un emploi du temps extrêmement intense sans oublier les premiers enregistrements en solo de John et le tournage de Magic Christian pour Ringo avec Peter Sellers.

 

Rappel de la chronologie et de la place du disque dans l’histoire du groupe. Le tournage du film Let It Be en janvier 1969 et sa sortie plus d’un an après causant une confusion pour le grand public. Abbey Road est bien le dernier album enregistré par les Beatles mais Let It Be le dernier commercialisé en mai 1970.

Alors qu’ils cherchaient un titre pour leur nouvel album, les Beatles avaient un moment songé a appeler leur nouveau disque Everest parce que c’était la marque de cigarettes préféré de Geoff Emerick, leur fidèle ingénieur du son. Mais, iI aurait pu aussi s’intituler Hornsey Road. L’historien officiel des Beatles, a révélé au cours de sa Master-class en tournée en Angleterre en septembre 2019, qu’à un moment, EMI avait envisagé d’acheter une propriété dans Hornsey Road dans le quartier nord d’Islington pour y installer un studio consacré uniquement à la musique rock et pop. Mais cette initiative a été abandonnée.

 

 



ENREGISTREMENT

 

Pour Abbey Road, les Beatles disposent pour la première fois d'un 8-pistes, ce qu'ils considèrent comme un véritable luxe. Le 23 novembre 1968, la console de son du studio 2 a été remplacée par une TG12345 à transistors. La tonalité, plus douce et sans distorsion, a effectivement changé le son des enregistrements du groupe lors des séances de cet album
Elles ont connu deux phases. Tout d’abord entre février et mars 1969 où ils enregistrèrent successivement « I Want You (She’s So Heavy) », « Something », « Oh ! Darling », « Octopus’s Garden » et « You Never Give Me Your Money ». Sept semaines plus tard, les Beatles se retrouvaient pour enregistrer à la mi-avril le single « The Ballad Of John And Yoko » / « Old Brown Shoe ».

 

 


John Lennon rate le début des sessions, le temps d'être soigné après un accident de voiture en Écosse. John Lennon rejoint ses camarades le 9 juillet, alors que les sessions ont débuté neuf jours plus tôt. S'il est plus ou moins remis de son accident, sa nouvelle épouse Yoko Ono ne l'est pas complètement. Il décide donc de faire installer un lit dans un coin du studio 2 d'Abbey Road où elle va s'allonger durant les deux semaines suivantes, Lennon demandant même qu'on installe un micro au-dessus de sa couche pour qu'il puisse l'entendre dans son casque lorsqu'il travaille.
Les Chansons
Que dire des paroles de Mean Mr. Mustard? Des allitérations lennonesques qui déménagent, des associations surréalistes et des jeux de mots constituent l'essentiel de cette petite farce plus ébauchée que réellement interprétée par le groupe. C'est un des morceaux que Lennon composa en Inde en 1968. Il avait alors percuté sur un article du Daily Mirror du 7 juin 1967 qui relatait l’histoire d’un homme qui gardait son argent caché au fond de son rectum mais qui se comportait très mal avec son épouse.
https://www.dailyrecord.co.uk/news/scottish-news/obscure-beatles-song-classic-abbey-20526933?fbclid=IwAR3CPD43t-2h613SYtNq7fqRTfDO-OHnaVzHtLbYxE6MyEhbQtbg4ACeAs8
Lennon retrouve pour l’occasion son accent de Liverpool afin raconter à sa façon et en quelques mesures l’histoire de ce vieux dégueulasse et de sa sœur qui s’appelle en réalité Shirley et non Pam, comme il est dit dans la chanson, qui vont voir passer la reine. Paul McCartney a repris pour l’occasion sa guitare basse "fuzz". Le 24 juillet, lors de l’enregistrement de ces deux titres, les Beatles enchaînèrent sur un bœuf ou Lennon interpréta Ain’t She Sweet (cf "Anthology Volume 3"), Who Slapped John, et Be-Bop-A-Lula. Les deux chansons ont été enregistrées en trente-cinq prises.

 

 


POLYTHENE PAM
Polythene Pam Lennon y évoque une prostituée des bords de la Mersey, une scrubber bien empaquetée, avec son kilt et ses bottes. C’est pourquoi il la chante avec le bon accent scouse (le parler de Liverpool) des familles. Lennon pour brouiller les pistes expliquera plus tard à Playboy qu’il raconte dans la chanson l’histoire d’une amourette. Mais il nous avait déjà fait le coup avec Norwegian Wood. Selon Steve Turner, John Lennon se serait souvenu en fait de deux filles. La première, c’était Pat Hodgett qui était déjà en 1961, fan des Beatles qu’elle allait voir au Cavern club en grignotant mécaniquement du polyéthylène sous forme de sacs plastique, ce qui lui avait valu le surnom de Polythene Pat! Les sacs plastiques en guise de vêtements cette fois, évoquaient également pour Lennon une autre jeune femme prénommée Stephanie rencontrée le 8 août 1963 alors que les Beatles passaient à Guernesey. Elle était la petite amie du poète anglais Royston Ellis (que Lennon connaissait depuis 1960 lorsqu’il habitait avec Stuart Sutcliffe à Gambier Terrace. Les Beatles l’avaient accompagné en 1960 lors d’une soirée musique et poésie à l’université de Liverpool) et elle s’habillait en polyéthylène.
Lennon précisa que, pour lui, Royston Ellis était le Allen Ginsberg anglais et qu’il avait été le tout premier à lui faire découvrir des substances plus ou moins prohibées.
SHE CAME IN THROUGH THE BATHROOM WINDOW…
A aussi été travaillée pendant Let It Be. Une partie des paroles lui est venue alors qu’il était dans un taxi à New-York en octobre 1968 « Eugene quits New York Police Department » figurait sur la plaque du chauffeur et c’est devenu « So I Quit The Police Department ». Sa maison de Cavendish avenue était très exposée aux fans puisque située à deux pas d’Abbey Road. D'ailleurs, quelque temps avant l'enregistrement, une jeune femme du nom de Diane Ashley, avait pénétré pour de bon dans l’appartement de Paul McCartney de Cavendish Avenue, en passant, précisément, par la fenêtre de la salle de bains. Avec une de ses amies, elles lui avaient dérobé quelques objets et photos qu’il avait d’ailleurs fini par récupérer. Joe Cocker enregistra sa propre version et elle figure sur le même album que sa reprise de « Something ».

 

 


- GOLDEN SLUMBERS
Paul McCartney en visite dans la maison de son père Jim, à Cheshire, trouva sur le piano un recueil de partitions de sa belle-sœur, Ruth (son père s’était remarié. Il remarqua un morceau intitulé Golden Slumbers kiss your eyes qui figurait dans une pièce intitulé « The Pleasant Comedie Of Patient Grissil » une écrite par Thomas Dekker, Henry Chettle et Willam Hampton en 1599 du XVIe siècle, W.J. Henderson composa la première mélodie en 1885.
Ne connaissant pas le solfège, McCartney composa sa propre mélodie, puis modifia les paroles et en ajouta d’autres.
- « Golden Slumbers » figure dans les bandes de répétitions de « Let It Be » enregistré le 9 janvier 1969.
« Golden Slumbers / Carry That Weight » fut enregistré par un artiste Apple Le groupe Ecossais Trash sorti le 24 janvier 1969 mais fut un échec commercial.
-    THE END
« The End », Une rumeur persistante prétends que l’unique et court solo de batterie de Ringo est inspiré d’ « In A Gadda Da Vida » le morceau le plus célèbre d’Iron Butterfly qui date de 1968. Mais aucun des Beatles et de ceux qui travaillèrent avec eux n’a jamais fait la moindre déclaration pour donner matière à cette affirmation. On note que pour le solo de guitare final et à 3, c’est Paul qui ouvre cette partie, suivi par George, puis John.
HER MAJESTY
Ebauchée pendant le « Double Blanc » et déjà travaillée dans de nombreuses prises électriques le 24 janvier 1969 pendant le future « Let It Be », « Her Majesty » faisait partie intégrante du « Long One », le fameux medley de la seconde face de l'album. Située entre « Mean Mister Mustard » et « She Came In Through The Bathroom Window », en raison d’un vers des paroles du deuxième couplet de Mr. Mustard :
«  His sister Pam works in a shop / She never stops, she's a go-getter / Takes him out to look at the queen »
C’est lors du comité d’écoute du 30 juillet que Paul demande à l’ingénieur du son John Kurlander de carrément jeter à la poubelle la composition. Mais, EMI interdisait à ses employés de faire ça. Kurlander pris donc ses ciseaux, coupa la chanson puis ajouta ce qu’on appelait de la bande amorce à la fin de la bande pour y coller le titre rejeté. Le lendemain des tests pressing furent réalisés et lors de l’écoute finale, après quinze secondes de silence, les Beatles entendirent la chanson et trouvèrent que c’était une bonne idée de la garder. Les films destinés à l’imprimerie de la pochette étaient déjà terminés et ne mentionnaient pas cette chanson, c’est toujours le cas aujourd’hui. « Her Majesty » est considérée comme la première chanson cachée de l'histoire du rock.
Paul chanta le titre devant la reine lors du concert de son jubilé à Buckingham Palace en 2002.

 

 


Nous avons présenté cet incroyable document du 20 août 1969 qui dévoile un album où la première face est la seconde ! Imaginer que le disque commence par Here Comes The Sun pour s’achever avec I Want You (She’s So Heavy) nous semble incroyable ! L’histoire nous a démontré que les Beatles prenaient toujours la bonne décision artistique.

Les arrangements orchestraux présents sur cinq titres (« Something » et « Here Comes the Sun » de George Harrison, « Golden Slumbers », « Carry That Weight » et « The End » de Paul McCartney) sont enregistrés en une seule journée, le 15 août 1969, dans le studio 1 d'Abbey Road. Les deux auteurs se succèdent dans l'immense salle ce jour-là pour diriger les opérations avec George Martin, auteur ou coauteur de toutes ces partitions d'accompagnement écrites pour cordes et cuivres
GOOD BYE
Good Bye une petite ballade typiquement McCartney qu’il offrit à Mary Hopkin enregistrée en février 1969 chez lui à la simple guitare acoustique, alors que sortait « Post Card » le premier album de la petite chanteuse galloise signé sur Apple et produite par Paul McCartney. Entre avril et mai 1969, Goodbye fut numéro deux au hit-parade derrière Get Back des Beatles et The Ballad Of John And Yoko des Beatles.

 

 

 


La pochette d’ABBEY ROAD
Saviez-vous que l’album Abbey Road désigne le nom de l’avenue où se trouvent les studios où ils enregistrèrent la majorité de leurs disques ?
Les photos prises par Iain Macmillan en un temps record le 8 août peu de temps après 11 heures du matin. Iain était un ami de Yoko Ono, elle l’avait chargé de faire les photos pour son exposition « Unfinished Paintings » à l’Indica Gallery en 1966 où Elle devait rencontrer John Lennon. C’est aussi Iain Macmillan en personne qui fit le cliché de couverture de "Hinge & Bracket at Abbey Road" en 1980. Les Beatles traversèrent six fois l’avenue. Trois fois dans un sens et trois fois dans l’autre. C’est la cinquième photo qui a été choisie, la seule ou les jambes des Beatles sont assez symétriques. Il faisait chaud ce jour-là à Londres et Paul McCartney portait de sandales au moins sur les deux premières photos, puis il s’est déchaussé.
Iain Macmillan a utilisé un boîter Hasselblad doté d’un objectif grand angle 50mm, ouverture f22, au 1/500 seconds. Macmillan a aussi pris la photo de la plaque de rue gravée dans la pierre pour le verso de la pochette. Le panneau était situé au coin d’ Abbey Road et Alexandra Road. Cette jonction n’existe plus aujourd’hui, remplacée par des immeubles entre Boundary Road et Belsize Road.
L’homme situé en haut à droite de la photo était un agent commercial Américain qui s’appelait Paul Cole ; il est décédé en 2008 après avoir tenté en 2004 d’exercer son droit à l’image et d’obtenir de l’argent.
Il existe un site qui s’est fixé pour but de retrouver toutes les personnes figurant sur la pochette

https://www.snapgalleries.com/portfolio-items/beatles-and-bystanders-the-abbey-road-sessions/
https://www.abbeyroad.com/news/deconstructing-abbey-road-cover-photography-session-2588
https://www.smoothradio.com/artists/beatles/abbey-road-album-cover-meaning-facts/

John Kosh
C’est John Kosh qui s’est occupé de la mise en page de la pochette, il a eu peu de temps pour le faire. En présentant sa maquette chez EMI, Mais le patron d’EMI Sir Joseph Lockwood exigea qu’il ajoute le titre de l’album et le nom du groupe craignant une perte substantielle des ventes sans ces points de reconnaissance publicitaire. Mais John Kosh qui avait déjà l’appui de George Harrison appela Paul McCartney qui exigea que l’album sorte ainsi. « Rubber Soul » en 1965 et « Revolver » en 1966 ne comportaient pas le nom des Beatles, juste le titre de l’album.
Kosh, vit à Los Angeles depuis 1973, il a réalisé les pochettes d’ « Hotel California » de Eagles , « Who’s Next » de Who et bien d’autres.
https://www.forbes.com/sites/davidchiu/2019/09/24/beatles-abbey-road-album-cover-design-john-kosh/#44d57da11c07

Quand Paul McCartney décide de sortir un disque de sa tournée de New World Tour de 1993, il fait à nouveau appel à Iain Macmillian. La pochette de l'album « Paul Is Live » est une parodie de l'album « Abbey Road ». McCartney y fait également un pied de nez aux rumeurs sur sa mort qui avait été déclenchées par la photo d’Abbey Road. Il il posa avec sa chienne Arrow, petite femelle issue de la célèbre Martha. Méticuleux, il retrouva son costume noir signé Tommy Nutter, un tailleur de Savile Row ami de Peter Brown, l’un des assistants des Beatles.

Le 28 juillet 2018, Paul McCartney a donné un concert privé aux studios Abbey Road pour la promotion de son album « Egypt Station », devant les fans assemblés, il ne résista pas au plaisir de se refaire prendre en photo traversant le fameux passage piétons qui n’est plus celui d’origine, des travaux de réfections de la chaussé ont été effectués le 15 juin 2018.
https://www.thesun.co.uk/news/6537143/beatles-abbey-road-crossing-resurfaced/
En fin mars 2020, profitant des mesures de confinement imposées par la pandémie du Coronavirus, le passage mythique a été repeint une nouvelle fois.
https://www.hamhigh.co.uk/news/the-beatles-abbey-road-zebra-crossing-repainted-coronavirus-lockdown-1-6588655
 
Abbey Road est le théâtre quotidien des fans du monde entier qui traversent et retraversent de façon incessante l’avenue dans les deux sens pour se faire prendre en photo. Ils peuvent même se voir sur un site qui existe depuis 2011 avec une webcam fixée en direction du passage et  branchée 24h sur 24h.
https://worldcams.tv/united-kingdom/london/abbey-road

Bryan Eccleshall, un fan a passé huit ans a prendre en photos toutes les plaques Abbey Road du Royaume Uni https://www.dailymail.co.uk/news/article-2536416/Beatles-fan-spent-eight-years-travelling-England-photograph-131-Abbey-Road-signs.html
Le panneau n’a cessé de faire l’objet de vols. Graham Pratchett, un jeune de belle famille originaire de Cricklewood passe devant la cour pris sur le fait avec tournevis à la main avec la volonté d’avoir son souvenir à la maison…  
Le 8 août 2019, des centaines de fans se sont retrouvés sur le fameux passages piéton pour célébrer une simple prise de vues vielle de 50 ans en causant un embouteillage monstre dans le quartier et dépassant tout ce que la Police avait imaginé. (Mettre la capture d’écran).
https://www.rollingstone.com/music/music-features/beatles-abbey-road-cover-art-director-869857/

https://www.bbc.com/news/uk-49279293

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SORTIE COMMERCIALES (critiques)
Les ventes d’Abbey Road
A la sortie d’Abbey Road, le plus jeune des Beatles n’avait que 26 ans et le plus âgé 29.
Avec ses 30 millions d'exemplaires vendus, Abbey Road est le deuxième plus gros succès des Beatles, juste après Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.
Abbey Road fut numéro 1 en Angleterre dès la seconde semaine, et le restera dix-sept semaines. Il a été aussi numéro 1 dans de nombreux pays. L’album demeura dans les charts pendant trente-six autres semaines. Aux USA, il entra dans les classements à la 174eme place puis se hissa à la 4eme place avant d’atteindre enfin la première où il régna pendant onze semaines. Il subsista encore trente et une semaines dans les hit-parades américains. A la fin novembre 1969, il s’était vendu à quatre millions d’exemplaires, et les cinq millions furent atteints un mois plus tard. En 1980, on estimait à 10 millions les ventes de cet album, à l’époque non encore disponible en CD. Depuis Apple refuse de publier les chiffres de ventes.
La réédition d’Abbey Road atteint le sommet du hit-parade Anglais pour la seconde fois – 49 ans et 252 jours après avoir déjà été pour la première fois n° 1. Les Beatles délogent de la première place Liam Gallagher, avec deuxième album solo « Why Me? Why Not » qui porte largement l’héritage des Beatles et dont le titre est inspiré par deux dessins de John Lennon. Abbey Road est en tête des ventes des disques vinyles pour 2019, y compris en France.
La réédition de 1987 lui permet de revenir à la 69e place du Billboard. Il est maintenant certifié « 12 fois platine » (12 millions d'exemplaires vendus) par la RIAA (The Recording Industry Association of America, l’équivalent de la SACEM en France.
Les demandes d’écoute des chansons du le groupe sur Deezer se monte à 1,7 milliard en 2019.
C’est à la suite du succès important du disque que les studios EMI de Londres ont été renommés «Abbey Road studios»
Longtemps après sa sortie, Abbey Road continue d'être populaire. Ainsi, l'album a été primé par de nombreux magazines et représentants des médias, notamment par Q Magazine, VH1, Time Magazine, etc. Il figure également à la 14e place dans la liste des 500 plus grands albums de tous les temps du magazine Rolling Stone, il fait partie des 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie et il est cité dans un considérable nombre d'autres listes

ABBEY ROAD ET LA CRITIQUE
A sa sortie, la presse anglaise a accueilli Abbey Road avec des critiques favorables. Le Sunday Times considérait que le disque était largement meilleur que l’album précédent (Double Blanc). Le Melody Maker trouvait que même sans prétention, dénué de symbolismes et sens cachés, l’album reste inventif est sophistiqué. L’Evening Standard le qualifie d’album brillant. Le New Musical Express est encore plus enthousiaste : « Trouvez-moi un album d’un autre artiste qui réunissent autant de compositions originales, de pop mélodies de cette qualité sur un seul album ». En revanche le Village Voice aux USA se montre très dure envers les Beatles. Rolling Stone considère l’ennui que génère l’écoute du nouveau Beatles et qualifie la seconde face de désastre absolu. Le New York Times apprécie cette collection de chansons simples, sincère mais puissantes. Mais Nick Cohn dans autre édition du même journal descend les deux chansons de George Harrison comme des œuvres médiocres. Mais il reconnaît la qualité du medley et de la production qu’il qualifie de brillante.
https://www.rollingstone.com/music/music-album-reviews/abbey-road-181270/
https://archive.nytimes.com/www.nytimes.com/library/music/100569lennon-beat.html
Le Time trouve que l’album est mélodique, inventif, truffée de moments musicaux pleins de joie., Abbey Road est la meilleure chose que les Beatles aient produite depuis Sgt. Pepper (1967).
https://time.com/3394132/original-abbey-road-review-1969/
https://gothamist.com/arts-entertainment/ny-times-reviews-emabbey-roadem-in-1969-finds-only-15-minutes-of-album-enjoyable

Pitchfork aujourd’hui écrit que l’album constitue une parfaite touche finale à une carrière discographique. L’album montre un groupe toujours à son apogée, capable de composer et d’enregistrer de tels exploits musicaux que tant d’autres ne peuvent qu’envier.
https://pitchfork.com/reviews/albums/13431-abbey-road/
Udiscover music explique qu’ Abbey Road était largement en avance sur son temps
https://www.udiscovermusic.com/stories/beatles-abbey-road-streets-ahead-time/

Amusant, le Guardian attribue la paternité de « Maxwell’s Silver Hammer » à John Lennon, trouve un cousinage entre « Oh ! Darling » et certains morceaux des Rolling Stones et que les arrangements de « I Want You » font penser à « House Of The Rising Sun » des Animals !
https://www.theguardian.com/theguardian/2012/oct/08/beatles-abbey-road-review-archive-1969

Le site The Conversation, Abbey Road est un marqueur de l’évolution de la musique pendant les années 1960
http://theconversation.com/beatles-abbey-road-at-50-is-a-marker-of-how-pop-music-grew-up-in-the-1960s-124433

La pochette d’Abbey Road est l’une des plus pastichées avec plus de mille variantes. L’album a fait l’objet de reprises intégrales dont The Other Side of Abbey Road de George Benson enregistré en 1969, et McLemore Avenue de Booker T. & the M.G.'s en 1970. Dans ces deux disques, l'ordre des chansons est différent de celui de l'original. La plus fidèle est celle du groupe Hollandais The Analogues « Abbey Road Relived en 2019».

 

 



Les studios d’Abbey Road, restent parmi les plus modernes du monde. On restaure, on remasterise, on remixe et on innove constamment. De nombreux artistes rêvent d’aller enregistrer là-bas. Les studios servent aussi pour des conférences, des émissions de télévision et de spectacles commémoratifs comme celui de 1983. Depuis plusieurs années, chaque mois d’août, deux historiens et musicologues américains Brian Kefew et Kevin Ryan racontent toute l’histoire des studios au saint des saints, le studio numéro 2 où les Beatles enregistrèrent presque toute leur œuvre devenue immortelle.

©Jacques Volcouve 17 avril 2020

 

 

 

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